À l’Académie des Saints-Anges

En sixième année en 1953-1954…

Cette photo provenant de la collection Marie-Lise Vincent nous présente la classe de 6e année dont faisait partie Marie-Lise : une classe de filles. En effet, à cette époque la mixité dans les classes était rare.
Classe de 6e année à l'Académie des Saints-Anges

« Classe de 6e année à l’Académie des Saints-Anges » (1953 ou 1954).
Collection : Marie-Lise Vincent.
Cote : P0007,S02,P001.
Montréal : Archives de la Société d’histoire du Plateau-Mont-Royal.

À l’Académie des Saints-Anges, l’enseignement était dispensé par les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie. Cette école, uniquement pour les filles, relevait de la Commission des écoles catholiques de Montréal.
L’ornementation de la classe, reflète le caractère religieux de l’époque : sur une armoire, une statue et sur les murs, des illustrations religieuses encadrées côtoient des paysages…
Dans ces années-là, les écoles publiques relevaient de commissions scolaires confessionnelles. À Montréal, il y avait la Commission des écoles catholiques de Montréal (CÉCM) et la Commission des écoles protestantes du Grand Montréal (CEPGM). Le 1er juillet 1998, le caractère religieux a été abandonné pour laisser place à des commissions scolaires linguistiques soit la Commission scolaire de Montréal (CSDM) et la Commission scolaire English-Montréal (CSEM).

Témoignage…

de Robert Ascah, retraité de la Commission scolaire de Montréal.

Fondée en 1846, la Commission des écoles catholiques de Montréal soulignait son centenaire en 1946 par un numéro spécial de l’École canadienne où l’on présentait toutes les écoles relevant de la CECM. Ce document montre bien le caractère religieux de l’époque. En effet, plutôt que de regrouper les écoles par secteur géographique, elles sont en fait réunies en trois grandes catégories : les écoles dirigées par des frères, par des sœurs ou par des laïques. Dans le cas des communautés religieuses, il y avait des sous-sections pour les écoles de chaque communauté (ex. les écoles relevant des frères du Sacré-Cœur ou des Frères des écoles chrétiennes, etc.). Il faut préciser qu’une direction religieuse ne signifiait pas que tous les enseignants de l’école étaient des religieux.
Pour ma part, j’ai fait mes études primaires au cours des années 50 et pendant les trois premières années ce sont des femmes célibataires qui m’ont enseigné. Les frères du Sacré-Cœur ont pris la relève pour les trois dernières années. Personnellement, j’ai trouvé un avantage à cette direction religieuse. Les frères habitant sur place, c’est-à-dire dans un bâtiment relié à l’école, ils organisaient souvent des activités parascolaires. Ainsi en hiver, ils montaient une patinoire dont un bon frère arrosait la glace tous les matins. En été, ils pouvaient organiser des parties de ballon-chasseur ou de drapeau. Ils s’impliquaient dans des activités comme les scouts (les louveteaux en fait pour un jeune comme moi qui avait moins de douze ans). Nous profitions aussi de la générosité financière de la communauté. Tous les vendredis, un certain nombre de prix étaient remis en classe. À la fin de l’année c’était le gros lot avec une pléthore de prix allant du prix de l’assiduité à ceux des premiers dans chaque matière en passant par ceux reliés à l’effort.
Une des particularités de l’école était sa division en deux parties égales. D’un côté, il y avait l’école pour filles sous la direction de religieuses et de l’autre l’école pour garçons sous la direction de frères. La séparation des sexes était très stricte dans ces années-là. En six ans, je ne suis jamais allé faire un tour du côté des filles. Même l’immense cour d’école était séparée en deux et il ne fallait pas s’approcher du côté des filles. Ne voulant pas goûter à la célèbre ‘strap’ du directeur, nous restions bien tranquilles de notre bord.

 

Les élèves apprennent la musique à l’Académie des Saints-Anges…

Sur la photo de droite, un groupe d’élèves du cours de musique entourent la religieuse enseignante. À noter ici encore la décoration du local présentant des symboles religieux.

Élèves et religieuse enseignante dans la salle de musique à l'Académie des Saints-Anges

« Élèves et religieuse enseignante dans la salle de musique à l’Académie des Saints-Anges » (1953 ou 1954).
Collection : Marie-Lise Vincent.
Cote : P0007,S02,P002.
Montréal : Archives de la Société d’histoire du Plateau-Mont-Royal.

 

Élèves et religieuse enseignante dans la salle de musique à l'Académie des Saints-Anges" (1953 ou 1954). Collection : Marie-Lise Vincent. Cote : P0007,S02,P002. Montréal : Archives de la Société d'histoire du Plateau-Mont-Royal.

« Représentation théâtrale par des élèves de l’Académie des Saints-Anges » (1953 ou 1954).
Collection : Marie-Lise Vincent.
Cote : P0007,S02,P003.
Montréal : Archives de la Société d’histoire du Plateau-Mont-Royal.

et font du théâtre!

Sur la photo de gauche, une représentation théâtrale donnée par les élèves. Nous ignorons le nom de la pièce mais le thème en est certainement religieux car plusieurs « anges » sont à l’honneur.
À l’époque, on parlait de faire des séances. Une séance se définit comme un temps consacré à certains divertissements ou spectacles; le mot peut désigner le spectacle lui-même.
Source : Séance, Centre National de Ressources Lexicales et Textuelles.

 

Parlons théâtre…

Michel Tremblay vivait tout près de l’Académie des Saints-Anges, sur la rue Fabre. Dans une entrevue publiée dans le Bulletin de la SHP, il nous rappelle quelques souvenirs.
 

Extrait d’une entrevue exclusive avec Michel Tremblay

Par Myriam Wojcik


L’école des Saints-Anges était l’institution que fréquentaient ses cousines et ses amies. « Leurs histoires semblaient tellement plus intéressantes que les miennes. Chez les gars, il ne se passait pas grand-chose. » Il est vrai que, dans le roman de l’auteur, Thérèse et Pierrette en vivent des « aventures ». Les sœurs n’y sont pas toujours décrites sous leur plus beau jour, ce qui est particulièrement vrai de l’horrible directrice, surnommée par les élèves « Mère Dragon du yable ». Heureusement, celle-ci n’a pas existé. Elle est en fait un condensé des pires anecdotes entendues sur la sévérité de certaines religieuses.
Source : L’École des Saints-Anges : l’institution de ses cousines

 

Pourquoi a-t-on nommé l’école « Académie »?

Le grand dictionnaire terminologique (GDT) de l’Office québécois de la langue française nous éclaire à ce sujet :
Au Québec, le générique académie figure dans le nom de certaines écoles (l’Académie Saint-Louis, notamment); il s’agit d’une survivance d’un ancien système d’éducation où l’on donnait, dans des écoles catholiques, des cours d’enseignement général ou professionnel. Par ailleurs, d’autres établissements d’enseignement québécois, qui sont bilingues ou axés sur l’immersion en langue anglaise, portent le nom d’académie. Il s’agit là, vraisemblablement, d’une influence de l’anglais.
Source : Fiche terminologique, Office québécois de la langue française.